En bref
Le calcul de la TVA tient en deux opérations : le prix TTC s’obtient en multipliant le prix hors taxe par 1 + le taux de TVA, et le prix HT en divisant le TTC par ce même coefficient : 1,2 au taux normal de 20 %. La TVA contenue dans un prix TTC en représente alors un sixième, pas 20 %.
Le calculateur ci-dessous travaille dans les deux sens. Suivent les formules et leurs coefficients, l’erreur du « moins 20 % », les taux de 2026, la base taxable, les arrondis et le trajet de la facture jusqu’à la déclaration.
Calculateur de TVA
- Prix HT
- 100,00 €
- TVA
- 20,00 €
- Prix TTC
- 120,00 €
Calcul : 100,00 × 1,2 = 120,00 €.
Les trois formules, et le coefficient de chaque taux
Le calcul de la taxe sur la valeur ajoutée, cet impôt indirect que l’entreprise collecte puis reverse à l’État, commence sur une facture, ou sur le devis qui la précède : c’est elle qui fait apparaître, pour chaque taux, le montant hors taxe et la taxe correspondante, avant le total toutes taxes comprises. Trois opérations suffisent à la remplir juste.
- Du HT au TTC : prix TTC = prix HT × (1 + taux).
- Du TTC au HT : prix HT = prix TTC ÷ (1 + taux).
- Le montant de la TVA : TVA = prix HT × taux, ou prix TTC − prix HT.
Le taux s’écrit en décimal dans le calcul : 20 % devient 0,2, et 1 + 0,2 donne le coefficient 1,2. Le tableau ci-dessous donne ce coefficient pour chaque taux en vigueur en 2026, ainsi que la part de TVA que contient un prix TTC, la donnée qu’on cherche le plus souvent sans la connaître.
| Taux de TVA | Du HT au TTC | Du TTC au HT | Part de TVA dans le prix TTC |
|---|---|---|---|
| 20 % (taux normal) | × 1,2 | ÷ 1,2 | 1/6, soit 16,67 % |
| 10 % (taux intermédiaire) | × 1,1 | ÷ 1,1 | 1/11, soit 9,09 % |
| 5,5 % (taux réduit) | × 1,055 | ÷ 1,055 | 5,21 % |
| 2,1 % (taux particulier) | × 1,021 | ÷ 1,021 | 2,06 % |
| 8,5 % (taux normal des DOM) | × 1,085 | ÷ 1,085 | 7,83 % |
Pour isoler directement la TVA d’un prix TTC, on multiplie ce prix par taux ÷ (1 + taux) : 0,2 ÷ 1,2 au taux normal, d’où le sixième. La formule tient en une ligne ; c’est son sens qui se perd.
Pourquoi on ne retire pas 20 % d’un prix TTC
La TVA se calcule sur le prix hors taxe, jamais sur le prix TTC. Retirer 20 % d’un montant TTC revient donc à appliquer le taux à une base qui contient déjà la taxe, et l’on retombe sous le vrai prix HT.
Exemple construit : une prestation facturée 1 200 € TTC au taux de 20 %. Le prix HT vaut 1 200 ÷ 1,2 = 1 000 €, et la TVA 200 €. Le calcul 1 200 × 0,8 donne 960 €, soit 40 € de base oubliés et une TVA surévaluée d’autant.
La règle pratique à retenir tient au sixième : à 20 %, la TVA pèse 16,67 % du prix TTC. À 10 %, elle en pèse un onzième, et à 5,5 % un peu plus de 5 %. Ces parts servent aussi à contrôler un ticket ou une facture fournisseur d’un coup d’œil.
Quel taux appliquer en 2026
Le taux ne se choisit pas : il découle de la nature du bien ou du service vendu, et parfois des conditions de la vente. Le code général des impôts fixe quatre taux en France métropolitaine, auxquels s’ajoutent des régimes propres à la Corse et à l’outre-mer.
Les quatre taux de métropole
| Taux en 2026 | Nom | Exemples d’opérations concernées |
|---|---|---|
| 20 % | Taux normal | La plupart des biens et services : matériel, vêtements, conseil, la plupart des prestations de services |
| 10 % | Taux intermédiaire | Restauration, transport de voyageurs, certains travaux d’amélioration dans les logements de plus de deux ans |
| 5,5 % | Taux réduit | La plupart des produits alimentaires, les livres, les travaux de rénovation énergétique |
| 2,1 % | Taux particulier | Médicaments remboursables par la Sécurité sociale, publications de presse inscrites |
Les exemples restent des repères : un même produit change parfois de taux selon qu’il est vendu à emporter ou consommé sur place, et un taux se vérifie opération par opération dans la doctrine fiscale, ou auprès de votre expert-comptable quand le cas est limite.
Corse et outre-mer
La Corse applique des taux particuliers à certains produits et services. En Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, le taux normal est de 8,5 % et le taux réduit de 2,1 %, qui remplace à lui seul les taux de 5,5 % et de 10 % de la métropole. La Guyane et Mayotte n’appliquent pas la TVA, à titre provisoire.
Quand la facture ne porte pas de TVA
Une entreprise placée sous la franchise en base ne facture aucune TVA et ne peut pas déduire celle de ses achats. Sa facture indique le seul prix HT, avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Le calcul s’arrête là, et c’est d’ailleurs tout l’intérêt du régime.
Sur quel montant calculer : la base taxable
Le taux juste appliqué à une mauvaise base donne une TVA fausse. L’article 267 du code général des impôts fixe ce qui entre dans le prix taxable : le prix convenu, augmenté des frais accessoires facturés au client, diminué des réductions qui lui sont effectivement consenties.
Entrent dans la base les frais de port, d’emballage et d’assurance refacturés, les commissions et les intérêts liés à la vente. En sortent les remises, rabais et ristournes accordés au client, ainsi que les débours, ces sommes avancées au nom du client et refacturées à l’euro près, à condition d’être justifiées.
| Exemple construit (taux de 20 %) | Montant |
|---|---|
| Marchandises | 800,00 € HT |
| Remise de 10 % accordée au client | − 80,00 € |
| Frais de port refacturés | + 30,00 € |
| Base taxable | 750,00 € HT |
| TVA à 20 % | 150,00 € |
| Total TTC | 900,00 € |
Calculer la TVA sur 800 € avant remise donnerait 160 €, dix euros de trop. Oublier le port en donnerait six de moins. L’erreur de base est plus fréquente que l’erreur de formule, et moins visible.
Arrondis : la facture au centime, la déclaration à l’euro
Deux documents, deux règles. Sur la facture, la TVA s’exprime au centime, arrondie au plus proche. Dans la déclaration de TVA, la notice officielle impose l’euro : les bases et la taxe sont arrondies à l’euro le plus proche, une fraction inférieure à 0,50 € étant négligée et une fraction égale ou supérieure comptée pour un euro.
Ligne par ligne ou sur le total
Sur une facture de plusieurs lignes, la TVA peut se calculer ligne par ligne, puis s’additionner, ou d’un seul coup sur le total HT de chaque taux. Les logiciels de facturation proposent l’une ou l’autre ; elles ne donnent pas toujours le même centime.
Trois articles à 19,99 € HT, au taux de 20 %. Ligne par ligne, chaque TVA vaut 3,998 €, arrondie à 4,00 €, soit 12,00 € au total. Sur le total HT de 59,97 €, la TVA vaut 11,994 €, arrondie à 11,99 €. Un centime d’écart, qu’il suffit de ne pas créer en changeant de méthode d’une facture à l’autre.
Les coefficients arrondis du BOFiP
La doctrine administrative publie des coefficients de conversion du TTC vers le HT, calculés par la formule 100 ÷ (100 + taux) : 0,833 pour 20 %, 0,909 pour 10 %, 0,947 pour 5,5 % et 0,979 pour 2,1 %. Arrondis à trois décimales, ils perdent de la précision sur les gros montants.
Sur 12 000 € TTC, le coefficient 0,833 donne 9 996 € HT, quand la division par 1,2 donne exactement 10 000 €. Quatre euros d’écart sur une seule facture : la division reste la méthode juste, et le coefficient un ordre de grandeur.
De la facture à la déclaration : collectée, déductible, due
La TVA inscrite sur vos factures de vente est de la TVA collectée : l’entreprise la perçoit pour le compte de l’État. Celle qui figure sur les factures de vos fournisseurs, loyers, honoraires ou sous-traitance, autrement dit une bonne part de vos charges externes, est de la TVA déductible.
La TVA à reverser se calcule par différence : TVA due = TVA collectée − TVA déductible. Elle se reporte, au régime réel normal, sur la déclaration n° 3310-CA3, mensuelle ou trimestrielle. Si la TVA déductible l’emporte, l’entreprise dégage un crédit de TVA, remboursable ou reportable.

Le document de départ change en ce moment. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise concernée par la réforme doit pouvoir recevoir ses factures sous forme électronique, par une plateforme agréée. L’obligation d’émettre ainsi ses factures s’applique dès cette date aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, et au 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises.
Votre entreprise relève-t-elle déjà de l’obligation d’émission, ou seulement de celle de réception ? La réponse ne change rien aux formules, mais elle décide du format dans lequel le calcul voyage. Le logiciel qui émet la facture électronique fait l’addition ; il reprend aussi les erreurs de base et de taux qu’on lui confie.
Une précision sépare enfin la règle de l’usage. Parmi les mentions obligatoires de la facture, la règle impose de détailler, par taux, le total hors taxe et la taxe correspondante : un montant TTC seul ne permet pas au client de déduire sa TVA. L’usage, lui, a fait du TTC la ligne que tout le monde lit en premier.
Une TVA déclarée ou payée en retard ne reste pas entre l’entreprise et son service des impôts : elle apparaît sur le bordereau de situation fiscale, qu’une banque ou un repreneur peut vous demander.
Avant d’envoyer la facture, refaire le calcul dans l’autre sens
- Vérifier la base : prix après remise, frais refacturés compris, débours à part.
- Appliquer le taux de l’opération, et un taux par ligne si la facture en mélange plusieurs.
- Garder la même méthode d’arrondi d’une facture à l’autre.
- Diviser le TTC obtenu par 1 + taux : on doit retrouver le HT au centime près.
Un calcul qui revient à son point de départ est un calcul juste.
Sources
- BOFiP, BOI-TVA-LIQ-10, « TVA – Liquidation – Taux – Généralités », version du 14 mai 2025
- Code général des impôts, article 267, base d’imposition de la TVA
- DGFiP, notice n° 3310 NOT-CA3-SD, déclaration de TVA, 2025
- DGFiP, « Facturation électronique : guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026 », 2026
- impots.gouv.fr, « Quels sont les différents taux de TVA applicables dans les DOM ? », mise à jour du 7 mai 2026

