Barème kilométrique 2026 : les montants, le calcul, et le seuil où les frais réels gagnent

Barèmes gelés pour la troisième année. Les tableaux par puissance, la majoration électrique, et la bascule vers les frais réels.

Par Antoine · Publié le 24 septembre 2026 · 5 min de lecture
Barème kilométrique 2026 : les montants, le calcul, et le seuil où les frais réels gagnent

En bref

Les barèmes kilométriques 2026 reprennent ceux de 2025, sans revalorisation, la dernière remontant à 2023. Le calcul se fait par tranche de kilomètres, avec une constante qui évite toute marche à 5 000 km. Un véhicule électrique ouvre une majoration de 20 %. L’arbitrage se joue contre l’abattement automatique de 10 % : dès que le total des frais réels dépasse le dixième du salaire imposable, l’option devient intéressante.

Le fait de l’année tient en une ligne : le barème kilométrique 2026 est identique à celui de 2025. À kilométrage égal, la déduction ne bouge pas, quoi qu’aient fait l’assurance et l’entretien entre-temps. Combien de kilomètres avez-vous réellement parcourus cette année ?

Ce qui change en 2026 : rien, et c’est le sujet

L’administration reconduit les barèmes à l’identique. La dernière revalorisation remonte à 2023, où ils avaient été relevés de 5,4 %.

Ce gel a une conséquence directe sur le calcul : un contribuable qui parcourt les mêmes distances qu’il y a trois ans déduit exactement la même somme, alors que ce que coûte réellement son véhicule a évolué.

Les barèmes s’adressent aux salariés et aux entrepreneurs individuels soumis à l’impôt sur le revenu qui optent pour le régime des frais réels, et ils couvrent notamment le trajet entre le domicile et le lieu de travail.

Le barème automobile, par puissance et par tranche

La formule dépend de la puissance fiscale du véhicule, celle qui figure sur le certificat d’immatriculation, et de la distance annuelle parcourue, notée d.

Puissance fiscaleJusqu’à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV et moinsd × 0,529(d × 0,316) + 1 065d × 0,370
4 CVd × 0,606(d × 0,340) + 1 330d × 0,407
5 CVd × 0,636(d × 0,357) + 1 395d × 0,427
6 CVd × 0,665(d × 0,374) + 1 457d × 0,447
7 CV et plusd × 0,697(d × 0,394) + 1 515d × 0,470

Un véhicule 100 % électrique bénéficie d’une majoration de 20 %, appliquée au résultat du calcul. Les hybrides, eux, suivent le barème ordinaire.

Deux-roues et cyclomoteurs

Les deux-roues ont leurs propres tranches, qui s’arrêtent plus tôt : 3 000 km, puis 6 000 km.

VéhiculeJusqu’à 3 000 kmDe 3 001 à 6 000 kmAu-delà de 6 000 km
Motocyclette de 1 ou 2 CVd × 0,395(d × 0,099) + 891d × 0,248
Motocyclette de 3, 4 ou 5 CVd × 0,468(d × 0,082) + 1 158d × 0,275
Motocyclette de plus de 5 CVd × 0,606(d × 0,079) + 1 583d × 0,343
Cyclomoteurd × 0,315(d × 0,079) + 711d × 0,198

Pour un trajet quotidien court, un cyclomoteur rapporte donc nettement moins qu’une voiture : le barème suit le coût réel du véhicule, pas la distance seule.

Le calcul, fait en entier sur un cas

Exemple construit. Un salarié habite à 22 km de son lieu de travail, fait l’aller-retour 218 jours dans l’année et conduit une voiture de 5 CV.

La distance annuelle est de 22 × 2 × 218, soit 9 592 km. Elle tombe dans la tranche 5 001 à 20 000 km, donc la formule (d × 0,357) + 1 395.

Le calcul donne 9 592 × 0,357 = 3 424,34 €, auxquels s’ajoute la constante de 1 395 €, soit 4 819,34 € de frais de déplacement déductibles.

Avec un véhicule électrique, la majoration de 20 % porte ce montant à 5 783,21 €.

Carnet manuscrit, calculatrice et formulaire papier sur une table, pendant un calcul de frais

Ce montant vient ensuite se comparer au forfait de 10 %, et s’ajouter aux autres frais réels éventuels : repas, formation, matériel. Le kilométrage est presque toujours le poste qui décide.

La marche à 5 000 km n’existe pas

Un tableau à trois colonnes laisse croire à un effet de seuil, avec une déduction qui s’effondrerait au kilomètre 5 001. Le calcul montre l’inverse.

Toujours à 5 CV : 4 999 km donnent 3 179,36 €, 5 000 km donnent 3 180 €, et 5 001 km donnent 3 180,36 €. La constante ajoutée dans la deuxième tranche compense le coefficient plus faible.

Bon à savoir

Le seul vrai décrochage se produit à 20 000 km, et il joue en faveur du contribuable : 19 999 km donnent 8 534,64 €, 20 000 km donnent 8 535 €, et 20 001 km donnent 8 540,43 €. Inutile donc de rouler quelques kilomètres de plus pour changer de tranche, l’écart se compte en euros.

Autrement dit, aucun calcul d’optimisation à faire sur la distance : seul le kilométrage réellement parcouru compte, et il doit pouvoir être justifié.

Frais réels ou abattement de 10 % : où est la bascule

L’administration applique par défaut un abattement de 10 % sur les salaires. L’option pour les frais réels remplace cet abattement, elle ne s’y ajoute pas.

La bascule se calcule en une opération : si le total des frais réels dépasse 10 % du salaire imposable, l’option devient intéressante. Sur 30 000 € de salaire imposable, le forfait vaut 3 000 € ; les 4 819 € de l’exemple précédent le dépassent largement.

Deux précautions accompagnent l’option. Le barème est un forfait qui couvre déjà le carburant, l’usure, l’entretien, les réparations et l’assurance : ajouter ces dépenses par-dessus revient à les compter deux fois.

La distance domicile-travail retenue est aussi limitée en principe à 40 km par trajet, sauf à justifier que l’éloignement ne relève pas d’un choix personnel, comme le rappelle le conseiller de la vidéo ci-dessous.

Ces deux points se vérifient sur impots.gouv.fr avant de déclarer, car ils conditionnent l’acceptation du calcul.

Ce qu’il faut garder en cas de contrôle

L’option pour les frais réels n’exige aucun justificatif joint à la déclaration, mais elle suppose de pouvoir tout produire en cas de demande.

  • le certificat d’immatriculation, qui établit la puissance fiscale ;
  • un relevé du kilométrage annuel, factures d’entretien ou contrôle technique à l’appui ;
  • le détail du calcul, trajet par trajet, avec le nombre de jours travaillés ;
  • les justificatifs des autres frais réels déclarés.

Le détail du calcul est la pièce la plus utile : il montre la méthode, ce qui vaut mieux qu’un montant seul. La logique est la même que pour les arrondis d’un calcul fiscal : c’est la façon dont le chiffre est obtenu qui se défend.

Avant de cocher la case

Relevez la puissance fiscale sur la carte grise, comptez les kilomètres réellement parcourus, appliquez la formule de votre tranche, ajoutez 20 % si le véhicule est électrique, puis comparez au dixième de votre salaire imposable. Si le total dépasse, l’option vaut le calcul.

Sources

  • Service-public.gouv.fr, « Frais professionnels : les barèmes kilométriques 2026 sont disponibles », actualité A14686 publiée le 9 avril 2026
  • Brochure fiscale 2026 de l’administration fiscale, citée par cette actualité
Antoine

L'auteur

Antoine

Antoine tient la rédaction du Registre. Il n'exerce aucun des métiers dont il parle : il travaille sur les textes et les documents qui font foi, il date ce qu'il cite, et il renvoie au conseil du lecteur dès que le cas devient particulier.